France  Grande Bretagne du Cher, Sortie de Printemps en Boischaut sud le 6 avril  

France  Grande Bretagne du Cher, Sortie de Printemps en Boischaut sud le 6 avril  

En 2024, la fléchette s’est plantée en Boischaut Sud. Ce 6 avril, le temps est très estival, le bocage étale, généreux, sa palette de verts, le programme doit être particulièrement alléchant puisque quarante-huit personnes participent à cette escapade.

Le premier challenge du matin est de dénicher le château de la forêt Grailly, petit bijou architectural édifié à St Christophe le Chaudry, village situé au sud du département sur la rive droite de l’Arnon.

Nous sommes reçus, avec une très grande gentillesse par l’un des propriétaires, Laurent-Cédric Verscheure.  

Au cours de la visite, il nous explique que cet édifice médiéval était entièrement fortifié et entouré de douves avec pont-levis. Il permettait, notamment durant la guerre de cent ans de surveiller le trafic sur l’Arnon et faisait partie de cette ligne de défense, hérissée de châteaux censés protéger le royaume de France des incursions du terrible Prince Noir. Par la suite, les douves sont comblées et les murs d’enceinte démolis. Une deuxième tour d’angle disparait au XIXe siècle, le château se dégrade avec le temps qui passe.

Le château est racheté et les nouveaux propriétaires se mobilisent pour entamer la restauration de ce patrimoine extraordinaire lié à l’histoire de la commune et des habitants. Ils sont aidés par la Fondation du Patrimoine et le Fonds de soutien des métiers d’Art de l’Etat vient de désigner, la veille de notre visite, comme lauréat, le château de la Forêt Grailly pour la sauvegarde de la charpente du XIVe siècle et de ses décors en pierre du XVIe siècle.

Pour nous, la surprise vient des trois magnifiques salles du rez-de-chaussée. La première est la salle des gardes avec ses imposantes voûtes romanes dont les culots sont sculptés de personnages naïfs et qui abrite une cheminée monumentale où flambe, à notre arrivée, un bon feu, c’est une gourmande qui consomme un stère de bois par jour ! 

Les travaux de restauration extérieurs vont bientôt commencer ; pendant plusieurs mois, le château va être emballé ‘’en mode Christo’’, pour retrouver ses façades d’origine, restaurer les sculptures, consolider la charpente, refaire les toitures, avec le concours des entreprises locales. De plus le parc et le jardin d’Eden vont être retravaillés, des charmilles et des arbres plantés, un verger – conservatoire d’espèces anciennes va voir le jour.

A la fin de la visite, tous les participants sont sous le charme et adressent un immense coup de chapeau à nos hôtes pour leur projet qu’ils portent avec autant d’enthousiasme que de passion.

Avant de partir déjeuner, nous faisons une halte à l’église du village dédiée à St Christophe. Marie Thérèse Denizard, une ancienne professeure d’histoire nous la présente. Située, à ses origines au croisement de voies gallo-romaines, cette église romane était liée, autrefois, à l’abbaye Notre Dame de Déols. Le plan est simple, une nef rectangulaire communiquant avec un chœur couvert d’une voute en berceau. A l’extérieur, le portail occidental en plein cintre est composé d’un triple rang de claveaux. Cet ensemble repose sur quatre colonnettes, dont les curieux chapiteaux sont sculptés l’un de têtes sous un tailloir orné de rinceaux, et l’autre d’animaux fantastiques. Notre guide est passionnante  mais pressés par l’horaire, nous devons quitter les lieux pour rejoindre le restaurant ‘’La Goutte Noire’’ à Chateaumeillant, où un délicieux repas nous est servi avec une célérité et un professionnalisme qui fait l’unanimité.

Le challenge de l’après-midi est de visiter le Centre de la Presse. Le groupe se scinde en deux pour se rendre dans les locaux situés en partie à Maisonnais, dans l’ancien presbytère et en partie au Chatelet, dans l’ancienne maison de retraite.  Mais c’est quoi le Centre de la Presse, me direz-vous ? L’explication se trouve dans sa devise « faire connaître et mettre en valeur un patrimoine, celui de la presse écrite. » L’association, unique en son genre, créée en 1993, avec la presse comme passion, dispose d’un million de références ! Entre autres trouvailles, le Centre préserve un exemplaire de la Gazette de Théophraste Renaudot datant de 1631 et un original de l’Aurore de 1898 titrant le célèbre « J’accuse » de Zola ! 

Le Centre récupère les revues et journaux anciens antérieurs à 1970, classe tous ces documents, prête des exemplaires pour des expositions. Le grand projet pour les années à venir sera de créer le premier centre interrégional de recherche, consacré à la presse écrite. Plusieurs activités sont prévues : un espace de conservation des revues avec inventaire informatisé accessible depuis Internet, un atelier de classement et de préparation des expositions, des salles de lectures et de recherche et enfin un lieu d’exposition qui retracera l’histoire de la presse écrite française. Nous avons été très surpris par cette visite, où nous avons découvert l’expo permanente de Maisonnais intitulée ‘’de la Gazette à la tablette, ou de 1631 à nos jours’’. Saviez-vous que cette fameuse Gazette a exactement les dimensions d’un Ipad ? Incroyable ! Au Chatelet, les panneaux de deux précédentes expositions retracent l’Odyssée agricole ou d’une manière satirique, la vie et les ‘’œuvres’’ de nos différents présidents de la République.

Grand coup de chapeau à Mr Roblin et à son équipe qui nous ont tenus en haleine tout l’après-midi. Nous souhaitons que ‘’ce projet complètement cinglé, né loin des villes, loin des grands médias, loin d’internet, se voulant innovant, unique, culturel, populaire, modeste dans les moyens mais très ambitieux par les objectifs’’ continue à se développer et à prouver que même dans des coins perdus du Boischaut sud, les desseins les plus novateurs se réalisent.

Et rendez-vous au 12 octobre  pour notre sortie d’automne.

Et aux U.S.A, qu’en est-il ?

Déserts de l’information, le modèle américain

Article de Bernard Stéphan, publié le 7 février 2024 sur le site

« Voici un phénomène qui se passe aux États-Unis et qui a de quoi nous inquiéter car très souvent nous importons le pire d’Outre-Atlantique. Phénomène qui d’ailleurs a commencé en France puisqu’il s‘agit de la mort des journaux locaux. Cette tendance américaine est massive ; en 2023 ce sont en moyenne 2,5 journaux qui ont fermé chaque semaine.

Ces vingt dernières années un quart des journaux locaux américains ont disparu.  Au point d’ailleurs qu’aux États-Unis dans de nombreux comtés on parle des « news deserts » ou « déserts de l’information ».  Le pays est divisé en 3.143 comtés, deux cents d’entre eux n’ont plus de journaux locaux et dans 1.500 il n’y a qu’un seul titre. À cet égard la France a suivi ce chemin depuis longtemps en organisant le partage des territoires entre les groupes de presse. »

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