AP St Germain du Puy, Conférence sur  l’histoire des détenus  mineurs en prison

AP St Germain du Puy, Conférence sur  l’histoire des détenus  mineurs en prison

La conférence « Bref aperçu sur l’histoire des détenus mineurs en prison. Des colonies pénitentiaires aux établissements pénitentiaires pour mineurs » était organisée conjointement par l’association « Les Amis du Patrimoine de Saint-Germain-du-Puy » et la mairie de Saint-Germain-du-Puy le vendredi 26 avril 2024 à l’Espace Nelson Mandela de Saint-Germain-du-Puy.

Le conférencier était Jean-François Alonzo, historien sur les prisons, ancien chargé des enseignements à l’Ecole Nationale d’administration pénitentiaire.

Environ 200 personnes se sont déplacées pour suivre la conférence qui traitait de l’histoire des détenus mineurs depuis la Révolution de 1789 jusqu’à nos jours. Le passionné et passionnant Jean-François Alonzo a retracé l’histoire pénitentiaire de « l’enfance coupable ».

À partir des années 1840, la solution consiste à placer les enfants, à partir de 7 ans, dans des colonies pénitentiaires agricoles comme celle du Val d’Yèvre à Saint-Germain-du-Puy. Dans ces établissements sans barreaux, loin de l’influence corruptrice des villes, les enfants sont mis au travail et reçoivent une éducation morale, religieuse et professionnelle qui doit leur permettre de réintégrer la société après s’être amendés. Mais les bonnes intentions réelles de certains comme Charles Lucas au Val d’Yèvre peinent à cacher une réalité souvent sordide : ces colonies constituent des réservoirs de main d’œuvre à bon marché. L’instruction passe vite au second plan, et les autorités, complaisantes, ferment les yeux sur les abus et les maltraitances qui s’y commettent.

Malheureusement, cela ne s’améliore pas au début du XXe siècle, les abus persistent et finissent par attirer les critiques de la presse et de l’opinion ; ainsi nombre de colonies pénitentiaires ferment dans les années 1920. Un décret de 1927 requalifie ces colonies en maisons d’éducation surveillée (MES) pour les garçons et écoles de préservation pour les filles. Mais, dans les faits, rien ne change : le personnel et les méthodes restent les mêmes. La décennie qui suit atteste d’une période noire au sein de ces « bagnes pour enfants ». 

Le Gouvernement de Vichy supprime les MES en 1942 et les transforme en institutions publiques d’éducation surveillée (IPES): on y introduit des méthodes nouvelles en créant des fonctions de moniteurs éducateurs. La direction de l’éducation surveillée, qui devient donc une direction autonome au sein du ministère de la Justice, est créée en 1945. Elle opère une rupture définitive avec le modèle ancien : l’éducation devient la règle, l’incarcération, l’exception. 

Pourtant, en 1978, les premiers internats de l’Éducation surveillée ferment progressivement leurs portes, remplacés par des foyers et des centres de jour. L’incarcération des mineurs ne disparaît pas, mais elle est reléguée hors de l’espace légitime de l’action éducative ; ainsi en 1990, la Direction de l’éducation surveillée devient la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).

Enfin depuis 2007, de nouveaux établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) s’ouvrent, constituant ainsi une avancée sur le plan des conditions de détention : les jeunes vont régulièrement à l’école, sont engagés dans diverses activités et passent beaucoup de temps en dehors de leur cellule en vue d’une meilleure réinsertion.

Dans la dernière partie de la conférence « les mémoires du temps », JF. Alonzo a retracé le parcours de trois personnages atypiques : Jean Genet l’écrivain et Henri Lafont le collabo qui ont connu les colonies pénitentiaires pour jeunes détenus et Violette Nozière l’empoisonneuse comme jeune femme parricide au destin incroyable.

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